Laudatio Foofwa d’Imobilité

Preisträger 2006

Meine Damen und Herren
Lieber Foofwa – oder Frédéric Gafner, denn das ist ja eigentlich Dein wirklicher Name!

Es ist mir eine grosse Freude, eine Laudatio auf Foofwa d’Imobilité vortragen zu dürfen. Eine grosse Freude, weil ich kaum jemand anders der Schweizer Tanzszene so aufrichtig und gerne vorstellen und ehren würde. Zwar kennen Foofwa und ich uns gar nicht sehr gut – er kann das bestätigen –, aber jedes Mal, wenn unsere Wege sich kreuzen, überrascht und beeindruckt er mich mit seinem Charme, seiner Erfindungsgabe und seinem Talent.

Eines Tages also wurde aus Frédéric Gafner Foofwa d’Imobilité. Das war schon vor ein paar Jahren, genauer gesagt 1996, damals war unser Preisträger Tänzer der berühmten Company von Merce Cunningham.

Auf Deutsch kann man Foofwa d’Imobilité natürlich nicht übersetzen. Und besonders ärgerlich ist, dass hier «Imobilité» nur mit einem m geschrieben wird. Wieso? Foofwa weiss es auch nicht so genau – um uns zu narren, oder weil sonst der Name zu lang wäre! Lang hin oder her: dieser Künstlername bietet Material für unzählige Sprachspiele – Foofwa selbst ist der Erste, der das ausnützt. «Fou» wie verrückt und «Imobilité» wie Unbeweglichkeit – das ist ja eigentlich nicht ganz passend für einen Tänzer! Na ja, auch wenn dieser Namenswechsel damals vielleicht bloss ein kurioser Einfall war – heute ist Foofwa Foofwa auch im Alltag, und sogar im Schweizer Pass!

Diese Lust am Spiel, am Witz, der beim näheren Hinschauen auf ein wahres Wort verweist, ist auch charakteristisch für Foofwas Arbeitsweise auf der Bühne. Humor und Ernsthaftigkeit laufen bei ihm zusammen.

Foofwa tanzt und choreografiert unaufhörlich und mit einer ihm ganz eigenen Freude. Manchmal fragt man sich, wie er alles unter einen Hut bringt: Er spielt in Genf, Zürich oder Bern, in Frankreich oder in Italien, als Solist oder in Gruppenstücken. Er setzt sich auch für den Tanz ein, wenn es nicht darum geht, auf der Bühne zu stehen: Foofwa nimmt gerne an Symposien oder Gesprächsrunden teil. Er versteht es, sich auszudrücken und spricht in klaren Worten über seine Arbeit und seine Absichten. Bei Tänzern und Choreografen eine eher seltene Qualität!

Foofwa ist als Genfer auch in der Deutschschweiz bekannt, und kaum ein dem Tanz gewidmeter Anlass kann nicht auf seine Präsenz zählen. Trotzdem stellt er sich nie in den Vordergrund – ausser auf der Bühne natürlich!

Ganz viel gäbe es noch zu sagen: Foofwa versteht es, alte und neue Formen auf der Bühne zu hinterfragen, sein Körper spricht sowohl die klassische als auch die zeitgenössische Bewegungssprache. Foofwa erfindet auch neue Sparten: Sein «Dancerun», eine Art getanzter Zehn-Kilometer-Lauf, ist eine neue Sport-Kunst-Form. In anderen Stücken ist er Redner, Humorist oder Moderator – und er kann auch über sich selbst lachen, eine schöne Gabe! Seine Neugier, seine Schaffenskraft und seine Virtuosität sind einzigartig.

Danke Foofwa, dieser Preis soll Dir ein Zeichen unserer begeisterten Anerkennung sein!

Anna Hohler
Jurymitglied, Journalistin und Tanzkritikerin

www.foofwa.com | Broschüre Foofwa – Tanzpreis-Gala 2006 (pdf 1.2 MB)


Laudatio Foofwa d’Imobilité

Lauréat 2006

Mesdames et Messieurs, cher lauréat – Frédéric Gafner de ton vrai nom.

C’est un grand bonheur que de recevoir mission de prononcer la laudatio de Foofwa d’Imobilité. Un grand bonheur, parce qu’il y a peu de protagonistes de la danse suisse dont je ferais l’éloge avec un tel plaisir. Pourtant, Foofwa n’est pas quelqu’un que je vois souvent – il vous le confirmera –, même si nos chemins se croisent de temps à autre. Seulement, à chaque rencontre, son charme, son ingéniosité et son talent me touchent.

Un jour, Frédéric Gafner est donc devenu Foofwa d’Imobilité. Il y a de cela déjà quelque temps, c’était en 1996, au moment où il était danseur au sein de la prestigieuse compagnie de Merce Cunningham.

Son nom d’artiste se prête à d’innombrables jeux de langue: Foofwa d’Imobilité – il est fou, foi d’immobilité ! Mais attention: ici, Imobilité s’écrit avec un seul m, ce qui scandalise tous les correcteurs de bonne foi et oblige les journalistes – comme m’a raconté récemment une collègue – à téléphoner tard le soir à la rédaction pour s’assurer que le nom paraît le lendemain dans son orthographe correcte. Ce m manque on ne sait trop pourquoi : Frédéric avoue que Foofwa n’était au début qu’une manière de s’amuser. Au fil du temps, ce nom qui dit fou est devenu le sien.

Ce goût du jeu, de la blague derrière laquelle se cache quelque chose qui dit vrai, est représentatif aussi de sa manière de faire des spectacles. Il conjugue propos sérieux et humour, dit beaucoup à travers des boutades.

Foofwa a un plaisir, une joie de créer qui frappent. Il ne s’arrête jamais, on se demande parfois comment il fait: il joue à Genève, Lausanne, Zurich ou Berne, en France, en Italie, en solo ou dans des pièces de groupe. Mais Foofwa épouse aussi la cause de la danse lorsqu’il ne s’agit pas de monter sur scène: il participe volontiers à des débats ou des tables rondes. Il s’exprime avec lucidité et non seulement il s’exprime, mais il se fait comprendre, parle de son travail, de ses intentions et de ses motivations en termes très clairs, ce qui n’est pas toujours le cas chez les chorégraphes et les danseurs.

Tout cela pourrait porter à croire qu’il brille par une certaine omniprésence. Ce n’est justement pas le cas – et voilà encore un point fort. Foofwa s’impose en filigrane, il ne se met jamais en avant – sauf sur scène, bien sûr!

Il y aurait encore mille choses à dire : Foofwa, formé au classique comme peu d’autres, occupe une position charnière entre la tradition et l’avant-garde. Il réfléchit au problème de la transmission de la danse. Il se dit «danseur généalogique». Il est également un «danseur sportif», parcourt des dizaines de kilomètres lors de ses performances qui sont en fait des courses dansées. Il se fait conférencier ou humoriste et – quel don pour un danseur! – sait très bien comment ne pas se prendre trop au sérieux. Dans tout cela, il affiche une ouverture d’esprit et une virtuosité uniques.

Merci, Fou Frédéric, et que ce prix soit pour toi le témoignage d’une reconnaissance enthousiaste!

Anna Hohler
Membre du jury, journaliste et critique de danse

www.foofwa.com | Brochure Foofwa – Gala 2006 (pdf 1.2 MB)