Laudatio Fumi Matsuda von Richard Merz

Preisträgerin 2003

Liebe Frau Matsuda

Eindrücklich haben Sie uns eben den „Sturz“ vorgeführt. Eindringlich haben Sie das Thema des Sich-Wiederfindens in einer neuen, unbekannte Welt gestaltet. Dass Ihnen das so unmittelbar und existenziell berührend gelungen ist, könnte mit Ihrer Biographie zusammenhängen, denn auch Sie sind 1973 hier in Zürich in einer Welt angekommen; die sehr weit von der jenigen Ihres japanischen Herkommens entfernt ist. Und unvermeidbar müssen Sie dabei das Faszinierende und das Erschreckende bei der Begegnung mit dem Fremden, Ungewohnten erlebt haben; im Bild Ihres Stückes gesprochen: Irgendwie sind auch Sie auf den Grund eines Sandloches gerutscht, von dem Sie nicht mehr losgekommen sind.

Und nach Ihrem Werk zu schliessen, wollten Sie auch nicht loskommen. Sie haben neben dem Leben allgemein vor allem mit Interesse das tänzerische Geschehen in diesem Sandloch erkundet, haben sich aktiv in dieses hineinbegeben. Und wenn dieses hiesige tänzerische Bewegungsgeschehen auch künstlerisch durchaus konkrete Strukturen, Inhalte und Ziele hatte, so glichen die äusseren Bedingungen doch durchaus den bröckelnden, dauernd sich selber auflösenden Wänden eines Sandloches von materieller und wirtschaftlicher Unsicherheit, aus dem herauszukrabbeln und dauerhaft verlässlich tragenden Boden zu finden praktisch unmöglich ist.

Mit Ihnen waren viele in diesem dauernd von rutschigen Wänden bedrohten Sandloch. Aber nicht alle haben auf diese Situation gleich reagiert. Sie gehören zu denen, die nicht gejammert, die diese Situation als Ihre Lebensrealität akzeptiert haben, die sich gleichsam, wie der seltsame Lehrer, auf dem Grund des Sandloches angesiedelt; und im Rahmen des Möglichen ihre eigene Welt darin aufgebaut haben.

Sie haben die für Sie neue Welt nicht nur akzeptiert, Sie wollten sie kennen lernen, wollten in sie eindringen. Sie hätten an den Formen Ihrer Kultur festhalten und diese uns vermitteln können, was durchaus im Trend der Zeit gelegen hätte und – wie das Beispiel der westlichen Bhuto-Rezeption zeigt – auf grosses Interesse hätte stossen können.

Doch das war nicht Ihr Weg. Sie waren offenkundig hieher gekommen, um ganz hier zu sein. Diesen Entschluss, diese Haltung haben Sie in einer Choreographie künstlerisch gestaltet: In „Verlassenes“ sind Sie mit Kimono und Nô-Maske aufgetreten, nicht um Formen zu zelebrieren, die ein hiesiges Publikum so wundersam exotisch angemutet und darum entzückt hätten, nein, Sie traten so auf, um diese Formen gleichsam öffentlich abzulegen, sich von ihnen zu trennen und sich neuen zuzuwenden. Sie haben sich dabei nicht bequem mit dem unbestimmten Alltags-Modern Dance, wie er sich in jenen Jahren allgemein etabliert hatte, begnügt, Sie haben im Kreis des Herisauer Gruppe Choreo 77 die Tradition des Deutschen Ausdruckstanzes in authentischer Überlieferung von Grund aus kennen gelernt.

Auf der sichern Basis ihrer Körperbeherrschung als Sportlehrerin und Kreativ-Tänzerin in Japan und als Ausdurckstänzerin in der Schweiz haben Sie ein eigenes, von beiden Wurzeln her ganz persönlich geprägtes Tanzschaffen aufgebaut. Es war bestimmt von der Spannung zwischen den Polen der reinen Form – ein Titel wie „Punkt…Kreis…Linie…“ mag dafür stehen – und des expressiven Ausdrucks, wie „Schrei“ oder sogar „Wurm im Glück“. Und immer mehr haben sich die beiden Elemente Form und Ausdruck gegenseitig durchdrungen und sogar gegenseitig bedingt. Dies vor allem, weil Sie – formal gesehen – seit Ihren Anfängen, jedes Geschehen klar sturkturiert und dramaturgisch durchgestaltet haben. Und die Fähigkeit, Struktur und Intuition zu verbinden, hat Sie auch zu einer wichtigen Bewegungspädagogin in Zürich werden lassen.

Sie haben in Ihrem Schaffen eine Synthese von Ost und West gefunden, ebenso wie ein Durchdringen von Form und Ausdruck und in Ihren letzten Stücken nun verbinden Sie den Tanz mit andern Ausdrucksmedien, mit Sprache, mit Video. Und bei Ihnen wird das nicht zum blossen modischen Nebeneinander, Ihnen gelingt eine echte zwingende Verbindung, wie wir sie eben in Ihrem „Sturz“ wiederum erleben konnten. Und für dieses Ihr Lebenswerk der Verbindung von lebendig aufeinander bezogenen Gegensätzen in einer Welt zunehmender unverbundener Beziehungslosigkeit gratulieren wir Ihnen. Und danken wir Ihnen.

Broschüre Fumi Matsuda – Tanzpreis-Gala 2003 (pdf 400 kb)


Laudatio Fumi Matsuda (Richard Merz)

Lauréate 2003

Chère Fumi Matsuda

Vous venez de présenter «Sturz» («chute») de manière marquante. Et c’est avec profondeur que vous avez traité le thème d’une retrouvaille avec soi-même dans un monde nouveau et inconnu. Avoir réussi cela de façon si directement et existentiellement touchante est peut-être lié à votre biographie, car vous êtes vous aussi arrivée ici à Zurich en 1973 dans un univers très éloigné de celui de vos origines japonaises. Et il semble inévitable que vous ayez vécu les aspects fascinants et effrayants de la rencontre avec l’étranger, l’inhabituel; pour le dire avec les images de votre pièce: d’une certaine manière, vous avez aussi glissé au fond d’un cratère de sable d’où vous n’avez plus pu vous échapper.

Et, si l’on en croit votre pièce, vous ne vouliez d’ailleurs pas vous échapper. Au delà de la vie au quotidien, vous avez surtout exploré avec intérêt les événements chorégraphiques dans ce cratère de sable, vous vous y êtes plongée activement. Certes, ces événements indigènes de mouvement avaient bien, au niveau artistique, des structures, des contenus et des objectifs concrets. Cependant, les conditions extérieures ressemblaient fortement aux parois friables et en continuel démantèlement d’un cratère de sable d’insécurité matérielle et économique d’où il est pratiquement impossible de se traîner vers un sol durablement stable.

Ils étaient nombreux autour de vous dans ce cratère de sable constamment menacé par des parois glissantes. Mais tous n’ont pas réagi de la même manière face à cette situation. Vous faites partie de ceux qui n’ont pas gémi, qui ont accepté cette situation comme leur réalité de vie, qui ont pour ainsi dire fait leur nid au fond de ce cratère, comme le singulier instituteur, et qui dans la limite du possible s’y sont construit leur propre monde.

Vous avez non seulement accepté ce monde nouveau pour vous, mais vous vouliez aussi en faire connaissance, vous y plonger. Vous auriez pu vous accrocher aux formes de votre culture et nous les transmettre, ce qui aurait tout à fait été dans l’air du temps et suscité un grand intérêt, comme le montre l’exemple de la curiosité occidentale pour le butō.

Ce n’était cependant pas votre voie. Vous étiez manifestement venue ici pour être tout à fait ici. Dans une de vos chorégraphies, vous avez donné une forme artistique à cette décision, à cette attitude: dans la pièce «Verlassenes» («ce qui est abandonné»), vous entrez en scène vêtue d’un kimono et d’un masque nô, mais pas pour célébrer des formes que le public suisse aurait trouvées merveilleusement exotiques et qui l’auraient ravi, non, vous entriez ainsi en scène comme pour vous défaire publiquement de ces formes, vous en séparer et vous tourner vers quelque chose de nouveau. Vous ne vous êtes pas contentée confortablement d’un quelconque modern dance banal tel qu’il s’était établi de façon générale à cette époque: au sein du groupe Choreo 77 à Herisau, vous vous êtes imprégnée de la tradition de la danse allemande d’expression dans toute son authenticité.

Sur la base solide de votre maîtrise du corps en tant qu’enseignante de sport et danseuse créatrice au Japon ainsi que de danseuse d’expression en Suisse, vous avez développé une création chorégraphique singulière reposant de façon toute personnelle sur ces deux piliers. Ce style était déterminé par la tension entre les pôles de la forme pure – mentionnons en ce sens un titre comme «Punkt…Kreis…Linie…» («point…cercle…ligne») – et du mouvement expressif, comme dans «Schrei» («cri») ou même «Wurm im Glück» («ver heureux»). Et, petit à petit, ces deux éléments – forme et expression – se sont interpénétrés jusqu’à dépendre même l’un de l’autre. Notamment parce que, sur le plan formel, vous avez depuis vos débuts clairement structuré et conçu dramaturgiquement chaque événement. Cette capacité de lier structure et intuition vous a également conduite à devenir une pédagogue du mouvement influente à Zurich.

Vous avez dans vos œuvres trouvé une synthèse entre Orient et Occident ainsi qu’une interaction de la forme et de l’expression. Dans vos pièces les plus récentes, vous réunissez maintenant la danse et d’autres formes d’expression telles que le langage et la vidéo. Et il ne s’agit pas chez vous d’une simple contiguïté de mode; vous réussissez à créer un lien véritablement contraignant, comme nous avons pu à nouveau en faire l’expérience dans «Sturz». Nous vous félicitons et vous remercions de cette œuvre à laquelle vous consacrez votre vie: le lien d’antagonismes se tenant mutuellement en vie dans un monde marqué par l’absence croissante de liens.

Richard Merz

Brochure Fumi Matsuda – Gala 2003 (pdf 400 kb, en allemand)